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Vaulx-en-Velin fait le pari de l’école inclusive à l’école René Beauverie

“L”éducation doit promouvoir à la fois le développement de l’individualité et celui de la société. La société ne peut pas se développer si l’autonomie des individus ne progresse pas.” Ces mots, empruntés à la pédagogue Maria Montessori, traduisent à merveille les aspirations éducatives de la commune de Vaulx-en-Velin (69), qui vient d’inaugurer sa première école inclusive et ambitionne dans la foulée, de repenser totalement son projet éducatif de territoire.
Un projet qui s’inscrit dans la lignée de la démarche « Territoires 100% Inclusifs » mise en place en 2017 par le Secrétariat d’Etat auprès du Premier ministre chargé des personnes handicapées. Il s’agit d’améliorer et développer la participation et la coordination de tous les acteurs engagés dans le parcours de vie d’une personne handicapée, depuis l’école jusqu’au monde du travail en passant par les loisirs, l’habitat, les transports et ainsi éviter toute rupture de parcours, afin de mettre au jour ce qui freine l’épanouissement d’une société inclusive, et d’identifier les bonnes pratiques, garantes de la réussite des personnes en situation de handicap, et de l’évolution du regard de la société sur le handicap. Vaulx-en-Velin appartient à la Métropole de Lyon, l’un des 13 territoires pilotes du projet « Territoires 100% Inclusifs ».

Pourquoi ?

Loin de l’approche médico-sociale classique avec laquelle l’accompagnement des personnes en situation de handicap à été conduit jusqu’à présent, il s’agit de repenser toutes les dimensions de la vie en société. Le cahier des charges de la démarche « Territoires 100% Inclusifs » indique que la société doit pouvoir « évoluer dans un objectif de promotion de la citoyenneté et d’accessibilité universelle. Ainsi, l’école, la vie étudiante, le logement, l’emploi, la mobilité, la vie sociale, le sport, la culture, les loisirs sont autant de champs à intégrer dans une politique 100% inclusive ».

La municipalité de Vaulx-en-Velin a saisi cette opportunité pour repenser totalement les établissements scolaires de la commune. En effet, nombre des bâtiments étaient vieillissants et ne pouvaient plus accueillir de façon optimale les élèves, dont le nombre est en augmentation constante depuis plusieurs années.

Comment ?

La démarche « Territoires 100% Inclusifs » est structurée autour de cinq axes majeurs pour le bien-être et l’inclusion des personnes en situation de handicap :
– Accéder à ses droits plus facilement
– Être accueilli et soutenu dans son parcours, de la crèche à l’université
– Accéder à l’emploi et pouvoir travailler normalement
– Vivre chez soi et se maintenir en bonne santé
– Etre acteur dans la cité
Autant d’engagements moraux dans lesquels les élus de Vaulx-en-Velin se sont retrouvés. Cette notion d’inclusion est très large et permet d’envisager l’école au-delà de la seule optique de l’accueil des élèves et des personnes qualifiées de “différentes”. Chaque enfant, -citoyen en devenir-, a le droit de bénéficier de conditions de scolarisation, d’apprentissage, d’études et de travail optimales.
C’est ce qui a été mis en place à la Beauverie. L’établissement est le premier construit depuis 40 ans à Vaulx-en-Velin et porte le nom de René Beauverie, du nom de cet ancien instituteur et élu, décédé en 2018, particulièrement attaché aux politiques d’éducation.

En effet, en 1983, sous le second mandat de Jean Capievic, René Beauverie obtient la délégation l’Enseignement et la Vie scolaire qu’il conserve au cours du mandat de Maurice Marrier, devenu maire en 1985.

En 1995, René Beauverie est chargé du Projet éducatif global de la commune de Vaulx-en-Velin. Attaché à la laïcité et à l’école publique, ce sont ses valeurs que la commune a choisi de valoriser en donnant à son école de demain le nom de René Beauverie.

Quel bilan ?

La Beauverie n’est pas une simple école. C’est aussi un lieu de vie avec des espaces accessibles et partagés. On y trouve une bibliothèque/centre documentaire, une salle de sports et un gymnase mais également une salle polyvalente, un lieu d’accueil pour les parents d’élèves (et bientôt une crèche). L’établissement accueille les enfants depuis la dernière rentrée et trois autres écoles doivent également être construites ou rénovées dans le même esprit à Vaulx-en-Velin. Une démarche accompagnée par l’Etat et les partenaires sociaux : l’investissement (TTC) de 19 440 000 € pour la seule école de la Beauverie a été supporté par l’ANRU à hauteur de 7 206 088 €, par la ville à hauteur de 5 184 723 €, par la Métropole à hauteur de 4 480 000 €, par la Région à hauteur de 2 085 189 € et par la CAF à hauteur de 484 000 €.
Enfin, Vaulx-en-Velin s’attache également à créer des conditions écologiquement optimales. Les locaux de l’école sont des bâtiments
BEPOS (Bâtiment à Energie POSitive), c’est à dire qu’elle produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme pour son fonctionnement. Une façon de favoriser les comportements éco-responsables et l’éducation à l’environnement des enfants et des encadrants des occupants des lieux.

Le projet en photos

Interview d’Hélène Geoffroy, maire de Vaulx-en-Velin

1. La loi sur l’école inclusive existe depuis 2005, pourtant sa mise en œuvre a été très longue. Vaulx-en-Velin est à l’avant-garde dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. S’agit-il d’une volonté forte de la part de la municipalité ?

A Vaulx-en-Velin, comme dans toutes les villes populaires, le niveau de formation initiale des jeunes est moins élevé que dans les centres villes ou les villes aux revenus plus élevés. L’un des enjeux les plus importants est donc de permettre l’accès à l’école de tous les enfants, de créer les conditions d’enseignement les plus performantes possibles pour les enfants. Il faut pouvoir intégrer les enfants porteurs de handicap. C’est ainsi qu’avant même la construction de l’école René Beauverie, la Ville avait travaillé à l’adaptation des locaux et en premier lieu à l’accessibilité, également inscrite dans la loi. D’autres cas se sont posés, comme l’accueil d’enfants atteints de cécité pour lesquels il a fallu faire des travaux dans les salles de classe. Enfin, il a fallu repenser l’accompagnement des enfants dans les sorties, les accueils de loisirs.
Tous ces sujets ont mené à la création d’un service handicap pour permettre cette inclusion dans l’ensemble de la vie vaudaise : il apporte désormais une expertise et permet à l’ensemble des services de la ville de travailler sur la question de l’inclusion dans les politiques développées. Son premier champ d’action a été l’éducation : il s’agit tantôt de transformer et adapter les bâtiments, tantôt de former les animateurs et personnels encadrant les enfants. On est dans cette double action aujourd’hui.
Cette volonté municipale a rencontré celle de l’Education nationale qui était d’accueillir les élèves en situation de handicap. Il y a un an, cinq territoires pilotes ont été identifiés dans toute la France et Vaulx-en-Velin a répondu présent, grâce également à l’énergie des parents d’enfants autistes, puisque nous avons sur le territoire une association très active (Les petits rubans bleus) partenaire de la mise en place de cette classe inclusive. Finalement, cela a été une co-construction entre trois acteurs : la ville (avec ses services éducation et handicap), l’Education nationale et les parents d’élèves.
Le projet d’école neuve nous a permis en amont de penser des locaux adaptés dès l’aménagement. Le sujet est regardé avec beaucoup d’intérêt par l’ensemble des acteurs, dont les parents, pour s’assurer que l’intégration des enfants soit réussie.

2. Pensez-vous que l’école inclusive puisse aider à la construction d’une société plus juste ?

Cette volonté forte aide effectivement à la construction d’une société plus juste et en tout cas, d’une société dans laquelle on estime que chacun doit avoir sa place. C’est là l’enjeu d’une société inclusive : il doit bien sûr y avoir des établissements spécialisés pour accueillir des personnes avec des handicaps spécifiques, mais ils ne doivent pas être exclus de tous les autres lieux où l’on peut vivre ensemble. Cela a mené à cette réflexion d’ensemble, également sur les temps de loisirs. Par exemple, le Conservatoire de musique accueille aussi des enfants en situation de handicap mental. Il faut permettre le “mélange” pour qu’il n’y ait plus de regards à distance sur les différences qui peuvent exister. Cela demande de former les différents acteurs. Pour accueillir l’autre, il faut que chacun soit serein, c’est un effort pour tout le monde.
Lorsque l’on accueille à Vaulx-en-Velin une classe autiste, je suis convaincue que l’on fait progresser toute l’école : ce ne sont pas seulement les enfants autistes qui progressent en allant à l’école, c’est l’ensemble de l’école, enfants et adultes.

3. Comment s’est passée la première rentrée dans les locaux de la Beauverie ? Quels sont les premiers retours des usagers ? (Parents, enfants, enseignants, personnels encadrants)

La rentrée s’est très bien passée. Le défi à relever aujourd’hui est de permettre les synergies de plusieurs lieux sur cet équipement : une crèche, un accueil de loisirs, une salle pour les associations, une pour les parents d’élèves, un gymnase et une salle de sport. C’est donc le lieu de rencontre de plusieurs services municipaux et je suis convaincue que dans l’avenir les projets doivent être transversaux : on ne peut plus cloisonner les services, tout comme on ne peut cloisonner les vies. Le fait d’avoir rassemblé tous ces services (éducation, petite enfance, sports, vie associative) oblige à repenser des usages croisés car chacun a plusieurs vies : parent d’élève, président d’association, sportif, etc. C’est ainsi qu’à René Beauverie, un beau projet est en train d’être construit autour de la bibliothèque de l’école qui a aussi vocation à être utilisée par des usagers extérieurs.

4. Quels sont les futurs projets dans la sphère éducative à Vaulx-en-Velin ?

Nous sommes au début de l’histoire de l’école René Beauverie. Sur les enjeux thermiques et de développement durable par exemple, la canicule nous a encore montré au mois de juin que l’on avait tout un travail à réaliser, avec l’ensemble de la communauté éducative sur l’usage d’un bâtiment neuf, moderne, avec une centrale de traitement d’air. Celle-ci nous permettrait à terme de réguler les températures le mieux possible, en fonction des usages. C’est un autre défi à relever, tout aussi passionnant.

Fiche d'identité de la communauté d'agglomérationLe projet en chiffresPour aller plus loin
  • Nom : Vaulx-en-Velin
  • Département : Rhône (69)
  • Région : Auvergne-Rhône-Alpes
  • Population : 48 497 habitants
  • Maire : Hélène Geoffroy
  • Site internet : vaulx-en-velin.net 
  • 1 6168 m2 dédiés à l’éducation
  • 1er bâtiment public à énergie positive
  • capacité de 430 élèves (8 classes maternelles et 10 classes élémentaires)
  • une crèche (de 2 mois et demi à 4 ans) de 44 places
  • un accueil de loisirs (les mercredis et vacances scolaires) de 45 à 60 places

« Territoires 100% Inclusifs »

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