Dans une tribune parue dans Le Monde, un collectif d’associations enjoint à l’État de s’engager davantage dans les actions relatives aux quartiers prioritaires de la politique de la ville.
Dès demain, des millions d’enfants et de jeunes seront en grandes vacances scolaires : l’occasion de respirer, de profiter de ses amis et de sa famille, de découvrir de nouvelles choses, de se divertir, de voyager. Mais, pour un certain nombre d’entre eux vivant dans des quartiers prioritaires de la politique de la ville, cette « liberté » peut sonner, au contraire, comme une « assignation à résidence ».
En réponse, durant l’été comme tout au long de l’année, collectivités et associations œuvrent pour faire vivre ces quartiers et développer avec les habitantes et les habitants des activités variées. Le dispositif national Quartiers d’été, sur lequel les acteurs associatifs et publics peuvent s’appuyer, dispose d’une enveloppe qui diminue d’année en année, à l’image de la majorité des crédits alloués à la politique de la ville. Aujourd’hui, nous, acteurs associatifs et élus locaux, tirons de nouveau la sonnette d’alarme.
En France, la pauvreté ne cesse de progresser. En 2023, 9,8 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté. Un grand nombre d’entre elles résident dans les quartiers populaires, qui cumulent inégalités sociales et territoriales. Depuis plus de quarante ans, la politique de la ville porte l’ambition de répondre à cette exigence d’égalité. Elle repose sur une aspiration simple : renforcer les moyens là où les besoins sont plus importants afin de réduire les écarts et garantir l’égalité réelle. Or, cette promesse se trouve menacée.
Partout, les mêmes alertes remontent. Des financements qui deviennent de plus en plus incertains entraînant un manque de perspectives ainsi qu’une réduction, voire l’annulation, de certaines activités. Par conséquent, des actions essentielles à la vie quotidienne de la population sont fragilisées : accompagnement des familles, projets culturels, pratiques sportives, départs en vacances, soutien aux jeunes ou encore espaces d’entraide et de solidarité.
Dans ces collectivités, les difficultés ne se résument pas à des indicateurs statistiques. Elles sont vécues au quotidien par les habitantes et les habitants qui font face à un déficit de services publics et à des difficultés pour accéder à leurs droits. Elles sont subies par les acteurs publics, élus locaux et associations, qui tentent d’y répondre, en faisant toujours plus avec des moyens plus contraints.




