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Lutte contre le chômage : Trélazé nous livre son mode d’emploi

 

Virginie Pelletier-Colasseau aux côté de Grégory Blanc, adjoint et à l'Économie, et de Marc Goua, député-maire de Trélazé

Virginie Pelletier-Colasseau aux côté de Grégory Blanc, adjoint et à l’Économie, et de Marc Goua, député-maire de Trélazé

Comme l’annonce son logo, la Ville de Trélazé se veut une ville entreprenante. C’est donc tout naturellement qu’elle a entrepris d’apporter des réponses innovantes au problème du chômage, bien que cette compétence ne relève généralement pas des attributions communales. Dans la continuité du travail de réhabilitation urbaine mené dans le quartier prioritaire du Grand Bellevue, la Ville de Trélazé a décidé de compléter, voire de renforcer, les outils et les partenaires de l’insertion et de l’emploi, présents sur la commune. Malgré tout, en 2015, le retour à l’emploi demeure très difficile pour un grand nombre de Trélazéens, en particulier pour ceux qui vivent dans le quartier du Grand Bellevue. En complément des missions d’aide au retour à l’emploi assurées par ses partenaires, la Ville de Trélazé imagine alors un nouveau dispositif expérimental et innovant.

Pourquoi ?

D’une part, le quartier du Grand Bellevue cristallise toujours de nombreuses difficultés sociales et ce, malgré une profonde mutation de son habitat, résultat d’un ambitieux projet de rénovation urbaine. Environ 60% des demandeurs d’emploi de catégorie A vivent dans ce quartier et un quart sont des jeunes de moins de 25 ans.

D’autre part, dans le souci de mobiliser les forces vives de l’économie locale, Marc Goua, député-maire de Trélazé, a, dès 2010, développé un partenariat privilégié avec plus de 350 entreprises locales qui contribuent notamment à l’organisation d’événements culturels et sportifs sur la commune. Au sein de ce collectif, les entrepreneurs expriment leur difficulté à recruter les profils correspondant à leurs besoins.

Face à ce double constat – d’un côté, des habitants en situation de chômage et de l’autre, des entrepreneurs en mal de candidatures –, la Ville de Trélazé met en place dès 2015 une solution innovante et expérimentale.

Comment ?

L’équipe municipale imagine un dispositif d’aide au retour à l’emploi qui bénéficie à ses habitants, notamment ceux du quartier prioritaire du Grand Bellevue, tout en répondant aux besoins exprimés par les entreprises locales.

L’objectif de cette action innovante est triple :

  • faciliter le retour sur le marché du travail des demandeurs d’emploi de Trélazé et plus particulièrement du quartier du Grand Bellevue,
  • mettre en relation demandeurs d’emploi et offres d’emploi du bassin trélazéen,
  • accompagner les entreprises dans la définition de leurs besoins et dans la recherche des profils correspondants.

En septembre 2015, la commune de Trélazé recrute Virginie Pellettier-Colasseau en tant que chargée de mission emploi.

Son rôle : mettre en relation les offres d’emploi des entreprises partenaires et les profils des demandeurs d’emploi de la ville. Elle construit un véritable suivi en matière de ressources humaines : elle participe à la rédaction des offres d’emploi avec les entreprises, pré-sélectionne et présente les candidats. Elle collabore, en outre, étroitement avec les différents acteurs du retour à l’emploi qui interviennent sur le territoire, comme le Relais pour l’Emploi (RPE), la Mission Locale Angevine (MLA), l’État, Pôle Emploi et Angers Loire Développement (ALDEV).

Pour coller au plus près des besoins des habitants du quartier du Grand Bellevue, elle assure, en outre, des permanences hebdomadaires dans les locaux de l’association trélazéenne, l’AJAC (Association Jeunesse pour l’Action et la Culture). Une façon d’inscrire son action au sein même de ce quartier prioritaire, souvent éloigné des dispositifs traditionnellement proposés par les partenaires institutionnels du retour à l’emploi.

Ainsi les Trélazéens, exclus du marché du travail, se voient-ils proposer des offres d’emploi dites « cachées », repérées au sein des entreprises membres du Club Partenaires.

Quel bilan ?

Au terme de six mois de fonctionnement, le dispositif créé par la Ville de Trélazé a permis 22 recrutements en CDI, CDD, contrats aidés.

Le Club Partenaires a réservé un accueil tout à fait favorable à cette initiative. Environ 75 entreprises ont bénéficié de cette action municipale, à travers l’accompagnement de Virginie Pelletier-Colasseau dans leur recherche de candidats.

Au terme d’un an de fonctionnement, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 103 personnes retrouvent le chemin de l’emploi dont 30 habitants du quartier du Grand Bellevue et 115 entreprises du Club Partenaires ont eu recours aux services de Virginie Pelletier-Colasseau.

Le projet en photos

 

Interview de Mme Virginie Pelletier-Colasseau, chargée de mission Emploi pour la Ville de Trélazé

Virginie Pelletier-Colasseau, chargée de mission Emploi

À quelle date avez-vous été recrutée par la Ville de Trélazé comme chargée de mission Emploi ?

Ce poste m’a été confié en septembre 2015, soit un an et 2 mois à ce jour.

Sera-t-il reconduit pour l’année 2017 dans le cadre d’une poursuite du dispositif d’aide au retour à l’emploi initié par la Ville de Trélazé ?

Au vu des résultats obtenus par ce dispositif, la volonté politique de le maintenir en 2017 est plus forte que jamais, sous réserve bien sûr de l’obtention des financements de la Politique de la Ville. Nous en saurons plus en fin d’année.

Comment les Trélazéens ont-ils accueillis la mise en place de ce dispositif d’aide au retour à l’emploi ?

La création de ce dispositif a été annoncée par la presse locale et par le journal municipal Infoville.

Mais c’est en installant une permanence hebdomadaire au cœur même du quartier prioritaire du Grand Bellevue que j’ai réussi à communiquer sur la nature de ma mission et de l’aide que je peux apporter à ses habitants. Je souhaitais en effet me rapprocher du lieu de vie des nombreux candidats à l’emploi qui vivent dans ce quartier. À force d’explications et de transparence, je suis parvenue à établir des liens de confiance avec les acteurs sociaux déjà présents, notamment avec Ahmed Imzil, directeur de l’AJAC (Association Jeunesse pour l’Action et la Culture). Ce dernier a, d’ailleurs, très gentiment accepté de m’accueillir tous les jeudis dans le local de son association.

Le bouche-à-oreille a ensuite fait son œuvre pour informer les habitants du Grand Bellevue de ma présence et de ma mission sur le quartier.

Au début de votre mission, quelles ont-été les difficultés les plus importantes ?

L’une des difficultés majeures était, d’une part, de lever les préjugés de certains dirigeants d’entreprise vis-à-vis des candidats issus du quartier prioritaire du Grand Bellevue et d’autre part, de redonner confiance aux personnes en situation de chômage de longue durée.

Quelles sont, selon vous, vos plus belles réussites ?

Je considère que j’ai rempli ma mission à chaque fois qu’un candidat sélectionné par mes soins retrouve un emploi.

Je garde toujours à l’esprit que derrière chaque recherche d’emploi s’écrit l’histoire d’un homme ou d’une femme, voire de toute une famille. Je suis heureuse lorsqu’un candidat recommence à avoir des projets de vie, à se donner de nouveaux objectifs et à se sentir reconnu pour ses compétences.

Une autre belle réussite, parvenir à ramener des jeunes sur le chemin de la formation grâce notamment à un contrat de professionnalisation.

J’ai envie d’évoquer, à ce sujet, le cas d’une jeune femme de 37 ans qui végétait, passant d’une mission d’intérim à une autre. Grâce à l’IUT d’Angers qui propose des formations en alternance, elle est inscrite depuis septembre 2016 en Licence professionnelle des métiers de la retraite et de la prévoyance.

Quel bilan les membres du Club Partenaires tirent-ils des services que vous leur proposez ? En sont-ils satisfaits ?

Si j’en crois Patricia Soudieux, chargée de la gestion et du développement du Club Partenaires, ses membres dressent un bilan tout à fait positif de cette expérience qu’ils souhaiteraient voir se poursuivre en 2017.

Au cours de l’année 2016, 115 entreprises ont sollicité mes services et j’ai collecté 108 offres d’emploi. Cela m’a conduit à sélectionner 322 candidatures susceptibles de pouvoir y répondre.

La collaboration étroite désormais établie avec les membres du Club Partenaires est fondée sur une relation de confiance, de totale transparence et d’écoute mutuelle.

Quels résultats avez-vous obtenus en tant que chargée de mission pour l’emploi depuis septembre 2015 ?

Au 31 octobre 2016, soit un an et un mois après le début de ma mission, j’ai comptabilisé le retour à l’emploi de 103 personnes via le Club Partenaires.

Près d’un tiers d’emplois en CDI, un autre tiers en emploi aidé (contrats aidés seniors, emploi avenir, contrat emploi pour les personnes en situation de chômage de longue durée). Le dernier tiers concerne des contrats en alternance : contrats d’apprentissage, mais aussi des stages pour les jeunes et les personnes en reconversion.

Sur la totalité de ces retours à l’emploi, il faut souligner que 30 personnes résident dans le quartier prioritaire du Grand Bellevue.

En cette année 2016, nous avons réussi à infléchir puis à stabiliser la courbe du chômage sur la ville de Trélazé et ce malgré l’arrivée de nouveaux habitants, souvent en situation de recherche d’emploi.

Fiche d'identité de la communeLe projet en chiffresPour aller plus loin
  • Commune : Trélazé
  • Département : Maine-et-Loire (28) 
  • Région : Pays-de-la-Loire
  • Population : 13 125 habitants
  • Maire : Marc Goua (PS)
  • Site internet : www.trelaze.fr
  • Une initiative en place depuis 1 an et deux mois
  • 115 entreprises du Club Partenaires impliquées
  • 103 personnes ont retrouvé un emploi
  • 322 candidatures établies
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