Le Mouvement associatif, en partenariat avec la Fédération des centres sociaux et socioculturels de France (FCSF), l’Observatoire régional de la vie associative Hauts-de-France, Hexopée, l’ANCT et le Réseau national des maisons des associations (RNMA), a mené une enquête auprès de 1 597 associations qui interviennent dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville.
Et les résultats sont sans appel : une fragilisation accélérée de l’action associative s’observe dans les QPV et la dégradation est plus rapide et plus brutale qu’ailleurs car là où les besoins sont les plus forts, les marges d’action se réduisent et les fragilités s’accumulent.
Il y a d’abord un effet ciseau particulièrement marqué en QPV. La contraction des financements publics frappe d’abord et plus durement ces territoires. En 2025, 65% des associations employeuses intervenant en QPV déclarent une baisse de financements publics, contre 58% pour l’ensemble du secteur associatif. L’écart est significatif et révélateur d’un déséquilibre structurel.
C’est un signal préoccupant pour la politique de la ville. Les dispositifs censés corriger les inégalités territoriales sont eux-mêmes fragilisés : 43% des associations employeuses financées au titre de la politique de la ville font face à une baisse ou à une suppression de leurs financements. 22% ont vu un dispositif structurant (Quartiers d’été, Cités éducatives, adultes-relais, Fonjep…) réduit ou arrêté.
Les marges de manœuvre sont quasi inexistantes car la situation financière des associations concernées laisse peu de place à l’absorption des chocs : 73% disposent de fonds propres fragiles ou inexistants, 1 association sur 3 a moins de trois mois de trésorerie.
C’est une atteinte directe à la continuité de l’action associative et les conséquences sont immédiates : 74% des associations en QPV considèrent que leurs activités ont été impactées et 42% envisagent une réduction de l’emploi.
Alors peut-on durablement afficher des objectifs de cohésion sociale et de réduction des inégalités territoriales tout en affaiblissant celles et ceux qui les mettent concrètement en œuvre, au quotidien, dans les quartiers populaires ?



