Épinay-sous-Sénart fait le pari de la jeunesse avec son HUB 322

 

© 2021 – Épinay-sous-Sénart / Emmanuel Quéau

Faire du neuf avec du vieux, mais surtout pour faire mieux ! Voilà sans doute le crédo de la Ville d’Épinay-sous-Sénart. Avec la création de son HUB 322, le fruit d’une réhabilitation d’un bâtiment municipal et d’une main tendue à la jeunesse, Damien Allouch, le maire de la commune, tient ici une de ses principales promesses de campagne.

Tour d’horizon du flambant neuf pôle de ressources jeunesse spinolien, dédié aux jeunes et à leur insertion.

Créer dans un espace saturé

Au moment de la création du projet, l’ambition principale était de rassembler tous les acteurs de la jeunesse sous un même toit. En effet, le dispositif initiative-jeune se trouvait à l’opposé de la mission locale par exemple. Ce qui n’aidait pas les habitants à identifier les lieux dédiés à la jeunesse et à l’insertion.

Construire un nouveau bâtiment ? Comme beaucoup de communes en région parisienne, Épinay-sous-Sénart doit faire sans cette possibilité, tant la ville est déjà saturée en construction. Mais justement, il y avait un bâtiment laissé à l’abandon depuis son incendie en 2016 : le pôle associatif. Idéalement situé juste à côté de la maison de santé et du marché, ce lieu était squatté par des jeunes. Alors la municipalité y a vu un lieu de choix pour construire son pôle, justement dédié à ces jeunes. Autre avantage, et pas des moindres : le budget. Une réhabilitation lève de nombreuses barrières financières. Ainsi, le projet a pu rapidement être mis sur les rails et n’a nécessité que trois mois de travaux. Des travaux qui ont d’ailleurs été effectués en partie par un chantier d’insertion de deux jeunes.

Le pari de la jeunesse !

Désormais, cohabitent sous le même toit le Service Jeunesse et son Point Information Jeunesse, ainsi que la Mission locale Val d’Yerres Val de Seine qui œuvrent de concert pour répondre aux problématiques liées à l’orientation, l’insertion, l’information ou encore la prévention des jeunes. Le spectre des missions est donc bien large. Dans un seul et même lieu, des outils leur sont donnés pour accéder à des aides afin d’obtenir un emploi, mais aussi pour les accompagner dans un projet associatif par exemple. La « Psy jeunesse », psychologue au Service jeunesse intervient tous les mardis et jeudis : une dizaine d’adolescents et de jeunes adultes sont déjà suivis.

 

 

Le projet en photos

© 2021 — Épinay-sous-Sénart / Emmanuel Quéau

 

L’interview pour aller plus loin

Rencontre avec Damien Allouch, maire d’Épinay-sous-Sénart

 

Ce Hub, c’est pour vous le secret pour intégrer les jeunes à la société ? 

C’est exactement ça. À la base, le projet s’appelait “pôle émancipation” parce que notre promesse républicaine à la jeunesse, c’est de leur donner les outils. Que ce soit au niveau de la formation et de l’emploi, de la santé, du logement, du loisir, de leur projet associatif ou entrepreneurial. L’idée c’est qu’ils puissent avoir un endroit de ressources où ils peuvent aller se nourrir. Au-delà du PIJ et de la Mission locale, il y a aussi des coachs qui viennent les soutenir pour rédiger leurs CV, mais aussi sur la question de la posture à avoir lors d’un entretien.

 

Pensez-vous que c’est aussi une manière de leur redonner confiance en eux ? 

Clairement. Pour qu’ils aient une vision d’eux-mêmes positive et leur ouvrir le champ des possibles. Et ça, ça rentre dans un cadre plus large avec la question de l’inclusion. Épinay-sous-Sénart est une ville populaire et a souvent une forme de précensure, en se disant “ce n’est pas possible pour nous”. L’idée c’est d’aller accrocher notamment de grandes boîtes comme L’Oréal pour leur montrer que c’est possible de travailler dans ces grandes boîtes, quand bien même on serait issus des quartiers populaires. Ce qu’on veut, c’est casser cette image de se dire que cela n’est pas possible sous prétexte que l’on vient d’Épinay-sous-Sénart. Parce qu’on vient d’Épinay-sous-Sénart, c’est encore plus possible ! Moi par exemple, je suis un enfant du territoire, j’ai fait mon lycée à Épinay et c’est précisément grâce à des rencontres à Épinay que j’ai réalisé que je pouvais faire des choses. L’idée c’est de multiplier ce genre de messages.

 

Avez-vous d’autres projets à destination des jeunes ?

Sur le volet jeunesse, on a la question de la Cité éducative. Évidemment, la jeunesse y trouve une place centrale. On est en attente de la labellisation pour le mois de janvier. Il y a aussi tout le volet émancipation, on a créé le conseil municipal des jeunes qui, pour le coup, est partie prenante pour l’aide à la décision des politiques municipales. À titre d’exemple, mercredi dernier, ils ont fait une balade urbaine avec la commission d’accessibilité dans une partie de la ville pour tout ce qui concerne le volet accessibilité et sécurisation de l’espace public. Ce que j’ai tenu à leur dire, c’est “vous vous avez votre vision de la ville, qui n’est pas la même que celle des personnes âgées, des personnes en situation de handicap ou des assistantes maternelles, et vous allez voir des choses que nous ne voyons pas”. Ainsi, leur regard va nous aider dans nos choix d’investissements à faire pour la ville. On s’appuie aussi sur leur expertise propre pour nous éclairer.

 

Et enfin, pourquoi  le nom de « 322 » ?

Épinay-sous-Sénart, ça fait ESS et si vous inversez le E, le S et le S, ça fait 322. Historiquement, dans la ville c’est 322, on peut le retrouver un peu partout.

 

Fiche d'identité de la communeLe projet en chiffresPour aller plus loin
  • Nom : Épinay-sous-Sénart
  • Département : Essonne
  • Région : Île-de-France
  • Population : 12 611 habitant.e.s
  • Maire : Damien Allouch
  • Site officiel de la ville d’Épinay-sous-Sénart
  • juin 2021 : Lancement des travaux
  • 19 novembre 2022 : Inauguration du HUB 322
  • 21 000 € : Coût de l’investissement en mobilier et équipement informatique