La rentrée scolaire intervient dans un contexte de baisse démographique qui appelle des réponses adaptées aux réalités de chaque territoire. Ville & Banlieue reste attentive aux conséquences des évolutions d’effectifs, à la préservation des conditions d’apprentissage et à l’accès des jeunes aux différentes activités y compris l’accès à la pratique du sport.
S’agissant du pass Sport, Ville & Banlieue a porté, avec ses partenaires du monde associatif sportif, la nécessité de pérenniser ce dispositif et de réintégrer les enfants âgés de 6 à 13 ans parmi les bénéficiaires.
Face au phénomène de dénatalité, nous appelons à des réponses territorialisées pour l’école. La baisse du nombre d’élèves constitue une réalité nationale, mais ses effets ne sont pas uniformes. Dans plusieurs collectivités adhérentes, des menaces de fermeture de classes viennent ainsi interroger l’adaptation de la carte scolaire aux réalités locales.
Pour Ville & Banlieue, les évolutions d’effectifs doivent être appréciées au regard des caractéristiques propres à chaque territoire, des besoins des élèves et des conditions d’accueil des familles. L’association appelle donc à une approche de la carte scolaire qui tienne compte de la diversité des situations locales. L’évolution démographique ne doit pas conduire à appliquer mécaniquement les mêmes réponses à tous les territoires.
Dans plusieurs communes, des classes sont d’ores et déjà menacées de fermeture pour cette rentrée. Ces décisions, souvent justifiées par la seule baisse démographique, ne tiennent pas suffisamment compte des spécificités des territoires prioritaires : concentration de familles en difficulté, mobilité résidentielle importante, besoins d’accompagnement renforcés pour les élèves et leurs familles.
Face à cette situation, les collectivités de la géographie prioritaire ne restent pas inactives. Plusieurs d’entre elles ont mis en place des mesures concrètes pour limiter les effets de ces fermetures, voire pour en éviter de nouvelles :
- la mixité des classes de CP, permettant de maintenir des effectifs viables tout en préservant les dispositifs pédagogiques existants ;
- la désectorisation ciblée, notamment autour des hôtels sociaux, afin de mieux répartir les élèves nouvellement arrivés et d’éviter la surcharge de certains établissements ;
- un travail de dialogue renforcé avec les services académiques pour anticiper les évolutions d’effectifs et défendre, école par école, la réalité des besoins du terrain.
Ces initiatives témoignent d’un engagement fort des collectivités de la politique de la ville qui, à défaut d’obtenir mieux, tentent de préserver l’existant en luttant au quotidien pour éviter de placer les familles, les enseignants, les accompagnants et l’ensemble des acteurs du scolaire et du périscolaire dans des situations difficiles à gérer.
Si la mobilisation se joue d’abord à l’échelle locale, dans le dialogue quotidien avec les directions académiques, elle ne peut faire l’économie d’un rapport de force national. Les décisions de fermeture de classes sont en effet arbitrées en lien direct avec le ministère de l’Éducation nationale et les préfectures, qui fixent les grands équilibres de la carte scolaire.
C’est pourquoi Ville & Banlieue, par la voix de sa commission Éducation et petite enfance notamment, appelle à combattre ces fermetures sur les deux fronts, local et national. Sans une mobilisation nationale forte et coordonnée, les efforts engagés par les collectivités pour préserver leurs écoles resteront fragiles et pourront être remis en cause à chaque nouvelle rentrée.
Au-delà de la seule question du nombre de classes, c’est le dispositif de dédoublement des classes de CP et CE1 en éducation prioritaire qui se trouve menacé par ces fermetures. Ce dispositif, désormais bien identifié comme un levier majeur de la réussite scolaire, permet de réduire les effectifs pour renforcer l’accompagnement individualisé des élèves au moment charnière de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture.
Toute fermeture de classe dans une école dédoublée fait peser un risque direct sur ce dispositif : moins de classes, ce sont potentiellement des effectifs qui remontent, au détriment des élèves qui en ont le plus besoin. Pour les quartiers prioritaires, où la maîtrise des savoirs fondamentaux constitue un enjeu central d’égalité des chances, préserver le dédoublement n’est pas une option : c’est une condition de la réussite éducative.
Face à ces enjeux, Ville & Banlieue réaffirme son engagement aux côtés des collectivités adhérentes pour alerter les pouvoirs publics sur les conséquences des fermetures de classes dans les quartiers prioritaires, maintenir des conditions d’apprentissage correctes, et défendre les dispositifs de dédoublement des classes comme outils indispensables de lutte contre les inégalités scolaires.
Cette rentrée sera donc, une nouvelle fois, l’occasion pour l’association de porter la voix des villes et quartiers populaires afin que l’école républicaine tienne sa promesse d’égalité.




