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Communiqué du président et du secrétaire général de Ville & Banlieue

 

Invitée deux jours auparavant, comme huit autres associations d’élus locaux, par six ministres du Gouvernement à « une réunion relative à l’organisation de la concertation territoriale annoncée par le Premier ministre », l’Association des maires Ville & Banlieue de France a dû se résoudre à ne pas participer à cette rencontre prévue le 7 décembre.

Dans les heures précédant cette réunion, il a en effet été proposé par les ministres un projet de déclaration commune Gouvernement / associations d’élus indiquant « qu’un grand nombre de solutions, pouvant être apportées aux difficultés concrètes des Français, doivent être construites en prenant appui sur les territoires, les collectivités qui les font vivre et les acteurs locaux ».

Or les maires de villes abritant des quartiers populaires urbains fragilisés ont été méprisés pendant un an et demi par le Président de la République et freinés dans leurs missions républicaines territoriales par les décisions du Gouvernement : rejet du rapport Borloo, propos désobligeants sur les « mâles blancs », diminution des crédits dédiés à la « politique de la ville », réduction du nombre et des financements des « emplois aidés » indispensables au monde associatif, rempart contre le délitement du lien social, pacte financier léonin dit « de Cahors » empêchant les territoires de mener à bien les politiques publiques que l’État impulse lui-même, fragilisation du logement social et de l’accès au logement, etc.

Les maires entendent certes la volonté récemment exprimée de renouer un dialogue constructif, à laquelle s’emploie notamment le ministre chargé de la Ville et du Logement. Mais il nous semble que les maires, qui n’ont pas attendu qu’on le leur demande pour s’investir afin de tenter de garantir le calme dans leurs communes, ne peuvent répondre dans l’urgence, sans annonce tangible de moyens d’État pour réparer les dégâts sociaux occasionnés par les précédents choix politiques du Gouvernement, à un appel de celui-ci à la cogestion d’une crise sociale très grave dont les territoires ne sont en rien responsables, mais au contraire durement victimes, notamment les plus fragiles du monde rural comme du monde urbain et périurbain.

Ainsi, dans l’impossibilité de saisir en urgence le Conseil d’administration de Ville & Banlieue pour arrêter une position commune de l’association qui regroupe des collectivités dont les exécutifs sont de toutes sensibilités politiques, nous avons donc, comme Président et Secrétaire Général, dû opter in extremis pour ne pas engager l’association dans l’étrange sollicitation du Gouvernement.

Nous confirmons néanmoins que Ville & Banlieue et ses maires et présidents d’intercommunalités demeurent disposés, comme toujours, à poursuivre leur travail de propositions et de sollicitations auprès de l’État pour qu’on parvienne, avec les moyens nécessaires de la solidarité nationale, à la cohésion sociale et économique des territoires.

 

 

Marc Vuillemot                                                                              Gilles Leproust

Président                                                                                          Secrétaire général

Maire de La Seyne-sur-Mer (83)                                                      Maire d’Allonnes (72)

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