Dossier : 20 ans après la mort de Zyed et Bouna, la banlieue dans la presse

Le 27 octobre 2005, à Clichy-sous-Bois, deux adolescents, Zyed Benna, 17 ans, et Bouna Traoré, 15 ans, tentent d’échapper à un contrôle de police. En se réfugiant dans un transformateur électrique, ils sont mortellement électrocutés. Leur décès provoque plus de deux semaines d’émeutes violentes qui touchent la banlieue parisienne ainsi que de nombreuses autres villes à travers le pays.

Pour y mettre fin, le gouvernement décrète l’état d’urgence, pour la première fois depuis la guerre d’Algérie. La France prend alors conscience des conditions de vie des jeunes issus des quartiers populaires : pauvreté, difficultés sociales, accès limité aux services publics. Mais vingt ans plus tard, qu’en est-il ? Dans les médias, les élus de Ville & Banlieue reviennent sur deux décennies de politique de la ville.

 

Le Monde ⤵️

La promesse républicaine, c’est celle de l’égalité des chances et des droits, celle du regard bienveillant porté sur chaque citoyen. Elle ne saurait s’opposer à l’ordre républicain : l’une et l’autre sont indissociables. Il faut savoir garantir la sécurité sans céder au tout-répressif, assurer la justice sociale sans angélisme. Cette vision a donné lieu à une politique dès les années 1980 : la politique de la ville. Ses dispositifs (contrats de ville, zones franches, réseaux d’éducation prioritaire, classes dédoublées, cités éducatives) ont fait leurs preuves. Ils ne dysfonctionnent pas, ils sont simplement sous-dimensionnés face à l’ampleur des fractures actuelles.

Patrick Haddad, vice-président, maire de Sarcelles (95)

 

Arte ⤵️

 

L’Humanité ⤵️

Sans sous-estimer les moyens mis pour la politique de la ville, à travers l’Agence nationale de rénovation urbaine, le compte n’y est pas parce que les politiques de droit commun ne sont pas au rendez-vous. Les moyens alloués à l’éducation nationale, la police, la justice, la culture, le sport ou encore la santé sont insuffisants. Les inégalités sociales et territoriales se sont encore aggravées. Le renouvellement urbain, l’amélioration des bâtiments et de la qualité du logement sont importants. Mais si les fins de mois sont compliquées, les difficultés de la vie sont fortes, alors tout n’est pas réglé.

Gilles Leproust, président, maire d’Allonnes (72)

Les jeunes sont considérés comme un corps étranger, quand bien même ils sont nés ici, quand bien même leurs familles sont ici depuis plusieurs générations. Cela efface toute la richesse que recèle la jeunesse des quartiers populaires. Car ce sont des populations jeunes, qui réussissent de mieux en mieux leurs études et peuvent présenter des perspectives enthousiasmantes pour la France, mais ils font face à un discours de rejet.

Ali Rabeh, administrateur, maire de Trappes (78)

Les politiques de la ville visaient à résorber le déficit entre le droit commun, ce qui est accordé partout en France, et ce qui ne l’est pas en banlieue. Des bilans ont été faits depuis : il n’y a aucune réelle inflexion.

Gilles Poux, adhérent, maire de La Courneuve (93)

 

France 24 ⤵️

 

Libération ⤵️

D’un point de vue urbain, Clichy-sous-Bois a profondément changé. Malgré tout, avoir 20 ans à Clichy aujourd’hui, ça reste encore plus difficile qu’ailleurs en termes de sentiment de discrimination. Des gamins de Clichy qui vont à Sciences Po et rentrent le soir, par rapport à leurs camarades des beaux quartiers, n’ont pas les mêmes chances. La ville n’a plus rien à voir, mais quand on y vit, on peut avoir encore des sentiments d’impatience.

Olivier Klein, adhérent, maire de Clichy-sous-Bois (93)

 

LCP ⤵️

 

Télérama ⤵️

 

Radio Orient ⤵️

Les habitants ne peuvent pas vivre les uns avec les autres, se rencontrer, mieux se connaître, mieux partager, s’ils sont logés avec leurs ressemblances et leurs us et coutumes. La question de la diversité du peuplement reste un sujet majeur sur nos territoires.

Driss Ettazaoui, vice-président, vice-président d’Évreux Portes de Normandie (27)